dimanche 11 février 2007

Ségolène Royal dévoile son projet présidentiel


Royal à Villepinte, Sarkozy à la Mutualité et Chirac chez Drucker. Quel dimanche politique !

A l’issue d’une longue phase d’écoute jalonnée de près de 6000 débats participatifs, Ségolène Royal dévoile donc aujourd’hui les grandes lignes de son projet présidentiel. Un rendez-vous d’autant plus attendu, que depuis le choix de Nicolas Sarkozy par l’UMP, il semblait y avoir un vide du côté des socialistes entraînant jusque dans son camp de nombreuses critiques sur le flou programmatique de la candidate. Exercice difficile, donc, pour Ségolène Royal, au moment où elle est en net recul dans les sondages.

Cette étape peut néanmoins constituer un tournant dans la campagne et remobiliser les forces de gauche autour de la candidate. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant d’assister, dès lundi, à un « effet » dans les sondages.
De son côté, Nicolas Sarkozy a choisi le symbole ô combien gauchisant de la Mutualité pour rencontrer ses comités de soutien et ainsi parfaire le recentrage de son image. Il devrait ainsi s’exprimer dans l’après-midi, peu avant Ségolène Royal.
Enfin, en début de soirée, Jacques Chirac retrouvera les Français dans l’émission de Michel Drucker. Il devrait annoncer à cette occasion sa retraite politique et laisser ainsi le champ libre à Nicola Sarkozy dans sa route vers l’Elysée.

vendredi 9 février 2007

Nous avons besoin des Français de l'étranger

Nous avons besoin des Français de l'étranger pour moderniser la France. A l'heure des choix, leur expérience est précieuse. Ils peuvent alimenter le débat d'un vaste benchmarking international et nous aider à prendre de la hauteur et à sortir des tabous et des querelles franco-françaises.

Nous avons besoin d'eux aussi, parce-que, las des pesanteurs administratives, de la lourdeur de notre fiscalité ou des rigidités du marché du travail, ce sont nos meilleurs talents qui sont partis.

En avril 2006, le Guardian a publié des estimations de l'Office for National Statistics britannique, selon lesquelles 15 000 francais, surtout jeunes et très qualifiés, s'installeraient au Royaume-Uni (à Londres, pour l'essentiel) chaque année. La population francaise au Royaume-Uni serait de 300 000 à 400 000 personnes, largement au-delà de l'estimation de l'Insee (85 000 en 2002).

Si, en estimation basse, on retient un flux "définitif" de 5 000 jeunes francais très qualifiés vers le Royaume-Uni, auxquels il faut ajouter 5 000 autres qui choisissent les Etats-Unis, l'Irlande, le Canada ou une autre destination : on arrive à 10 000. La France produit chaque année 25 000 ingénieurs, 25 000 diplômes d'écoles de commerce, et 8 000 doctorats, soit près de 60 000. La valeur de ces diplômes est cependant très héterogène. Le problèlme c'est que les 10 000 émigrés se situent plutôt dans la moitié supérieure de ces 60 000. Ce phénomène, présenté comme conjoncturel, deviendrait préoccupant s'il devait se stabiliser, car ce serait près d'un tiers de nos "très diplômés" qui quitteraient la France chaque année. Il le serait encore plus si cette émigration était un aller sans retour.

Or c'est précisément, cet "aller sans retour" que propose Dominique Strauss Kahn et les deux autres experts chargés par Ségolène Royal de lui remettre un rapport sur la fiscalité.

L'impôt citoyen est, en effet, absurde et contreproductif. De surcroît, il sera probablement très coûteux à lever.

Les socialistes pensent, en effet, tenir la solution miracle pour lutter contre l'évasion fiscale. Or il font erreur.

Combien de ces Français talentueux expatriés vont accepter de payer cet "impôt citoyen" ? Au Canada, au bout de 3 ans de résidence, on peut prétendre à la citoyenneté. Ce que beaucoup d'immigrants font. Les pays émergeants, comme ceux engagés dans la compétition économique mondiale et qui en ont compris les enjeux n'hésiteront pas non plus à naturaliser des profils à haut-potentiel pour les "fidéliser" ou se les attacher définitivement. Et là, qu'est-ce qui empêchera ces nouveaux citoyens d'abandonner leur nationalité française si celle-ci devient trop coûteuse et trop pesante. Il faudra bien se rendre compte que la notion même de nation n'a plus la même valeur pour la "génération mondialisation" qui nait avec la planète pour horizon.

Cet impôt est absurde car rien ne précise sur quelle base on va l'appliquer. Comment nos "experts" de Bercy vont-ils calculer la "capacité contributive" de nos citoyens expatriés ?

Enfin, il sera coûteux, au point même, peut-être, de coûter davantage qu'il ne rapportera. Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer la batterie de fonctionnaires qui seront nécessaires à sa collecte et la petite armée de contrôleurs fiscaux qui parcoureront la planète, aux frais du contribuable, pour pister les récalcitrants.

S'il ne s'agissait pas, au final, de l'avenir de notre pays, cette proposition pourrait prêter à sourire. Mais si l'on continue comme cela... on va vraiment rendre irréversible le déclin français, alors qu'aujourd'hui encore rien n'est perdu si on sait opérer les bons choix. L'exercice de pédagogie économique réalisé par Laurence Parisot devant 6000 entrepreneurs réunis à Bercy le 25 janvier, nous donne de ce point de vue quelques pistes de réflexion utiles. Il donne a réfléchir et mérite, en tout cas, d'être débattu.

L'appel de Nicolas Sarkozy qui a lancé un « Revenez ! » aux Français qui sont venus l’écouter à Londres, appelle lui aussi à la réflexion et mérite d'être soutenu. C'est en effet le sens du message à adresser à nos compatriotes dont nous avons besoin pour redresser la France. Leur retour, notamment celui des chercheurs dont l’exil a pris des proportions très importantes, serait en effet un signe encourageant qu’un vent de confiance souffle à nouveau sur notre pays.

Besoin d'air


Besoin d'air, le Livre blanc des entrepreneurs, qui propose un projet global de société aux Français, est en passe de devenir un succès de librairie. A peine plus d'une semaine après sa sortie, il est classé 14ème au palmarès de l'Express, 22ème au palmarès du Nouvel Observateur, 23ème dans les meilleures ventes Fnac/Le Point.

Pour aller plus loin et porter leurs propositions auprès du grand public, les chefs d'entreprise suivent le chemin tracé par Laurence Parisot lors de l'assemblée générale du MEDEF, le 25 janvier dernier, et sont désormais entrés en campagne au niveau de chaque territoire et de chaque profession : rencontres avec d'autres chefs d'entreprise, des politiques, des jeunes, des enseignants ; prises de parole dans les média ; participations aux débats en marge de l'élection présidentielle... ils multiplient les actions pour présenter les propositions des entreprises qui visent à redresser durablement la France et offrent une vision optimiste de l'avenir.

Pour engager le débat avec les internautes, les chefs d'entreprise ont également investi la blogosphère avec l'ouverture du blog www.besoindair.fr N'hésitez pas à aller dialoguer avec eux.

Ecran de brouillard

La campagne résonne depuis plusieurs jours de mises en causes politiques et médiatiques contre Nocolas Sarkozy. Les RG, d'abord, pour déstabiliser le ministre de l'intérieur, accusé de rester en poste et de mettre l'appareil d'état à son service (les socialistes ne se sont pourtant pas émus de conserver jusqu'au soir du 21 avril 2002 un Premier ministre-candidat, ni en 1988, un président candidat). Puis surgit "l'affaire" du scooter du fils de Nicolas Sarkozy.

Là encore, ses adversaires pourraient faire preuve de retenue. En effet, si l'on en croit le Parisien, "comme pour le fils de Nicolas Sarkozy, les policiers avaient déployé les grands moyens après le vol, en 2003, du deux roues du fils Hollande-Royal, Thomas". Il est vrai, ils ont du être moins efficaces, puisque les recherches ne semblent pas avoir abouti. Toutefois, le journal précise qu'en novembre 2003, la police parisienne avait été dessaisie au profit de la section criminelle de la 2ème division de police judiciaire et que des tests ADN avaient été également effectués.

En effet, dans notre pays, dès que le nom d'une personnalité apparaît dans une affaire, la police la traite alors avec la plus grande discrétion. Celle-ci est alors confiée au GAR, groupe des affaires réservée qui, d'après l'Express, n'existe pas toujours de façon formelle, mais est pourtant présent dans chaque direction importante.

Espérons que la présentation, dimanche du programme de Ségolène Royal, ramènera à gauche le débat sur les questions de fonds et que ces écrans de fumée se dissiperont rapidement.

mercredi 24 janvier 2007

Rions un peu...

Campagne présidentielle : premières affiches, premiers slogans

Ca y est ! Avec la désignation de Nicolas Sarkozy, les principaux candidats sont dans les starting blocks. Le site de l'Express consacre un diaporama à leurs premières affiches et leurs premiers slogans.
Une petite revue de ce qui nous attend.
Pas de surprise du côté de l'affiche du candidat de l'UMP, dévoilée dimanche dernier porte de Versailles : une référence à gauche pour "recentrer" le candidat. Un mix habile de la force tranquille, version 1981 mais sans clocher et du "tout est possible" du PS version 1973.

Ségolène "pour que ça change fort" n'essaierait-elle pas à l'inverse de "piquer" à Nicolas le thème de la rupture ?... Cela nous promet de jolis pas de deux !

Pour le reste, on remarquera la tentative du FN de séduire un électorat de banlieue d'origine étrangère : une jeunne fille noire renvoie dos à dos la droite et la gauche dans l'échec, tout en restant sur les thèmes classiques (nationalité, ascenceur social, assimilation...).

Un peu de fantaisie avec l'affiche de l'architecte-"citoyen" Roland Castro, ancien conseiller de François Mitterrand qui défend "les utopies concrètes" et propose notamment de supprimer l'ENA, un smic égal au double des minimas sociaux et une réforme de la fonction présidentielle.

Enfin respect et écoute au menu de François Bayrou qui doit tracer son sillon entre les deux poids lourds de la campagne. Un petit air de "présider autrement" qui a si peu réussi à Lionel Jospin il y a 5 ans ?

Québec : Ségolène dans la continuité de la diplomatie française...

"Je n'ai fait preuve ni d'ingérence ni d'indifférence. Ce que j'ai dit, ce que je confirme, c'est que comme dans toute démocratie le peuple qui vote est souverain et libre. Et donc les Québécois décideront librement de leur destin le moment venu s'ils en sont saisis", a répliqué Ségolène Royal au Premier ministre canadien, qui l'a accusée d'ingérence dans la question de l'indépendance du Québec.

Pas de quoi en faire une affaire. Pas de gaffe à l'horizon. Ségolène est restée dans la droite ligne de la politique québécoise des héritiers du général de Gaulle après son retentissant "Vive le Québec libre !"

Pour bien connaître la question québécoise, puisque j'ai été durant quatre ans directeur des relations extérieures de l'OFQJ, je mesure à quel point cette position est prudente. De fait, face aux défis de nos déficits et de notre dette, le Canada fait office d'exemple à suivre à bien des égards. La politique de Jean Chrétien, très critiquée par les souverainistes, a porter ses fruits et l'économie canadienne respire. Cela aurait-il été possible avec un Québec en dehors du Canada, si le résultat du référendum de 1995 avait été différent ? Et si la majorité est la majorité, qu'aurait valu une victoire à 50,1 % ? Enfin, en ce début de XXIème siècle, pourrait-on à la fois encourager l'indépendance du Québec fondée sur une identitée culturelle et linguistique et continuer, en même temps, à construire une Europe à 27 avec presque autant de langues et de cultures différentes ?

Alors oui, plus que jamais, reconnaissons aux Québécois le libre choix démocratique de leur destin et concentrons nous sur nos défis pour offrir à la France une place de choix dans la mondialisation.