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dimanche 11 février 2007

Ségolène Royal : 100 propositions pour un pacte présidentiel


C'est devant 15000 militants réunis au parc des expositions de Villepinte que la candidate socialiste a présenté son programme. Un programme en forme de contrat avec les Français, un pacte présidentiel, manière d'affirmer que c'est bien elle qui se présente à leurs suffrages et non le parti socialiste. (Voir l'extrait du discours : un pacte présidentiel)

100 propositions donc, issues des débats participatifs, dont la candidate a publié aujourd'hui la synthèse sur son blog, sous le titre les cahiers de l'espérance. Des propositions à dominante économique et sociale : hausse du smic à 1500 euros, rattrapage du pouvoir d'achat pour les petites retraites, sécurité professionnelle garantie, droit au premier emploi pour les jeunes, soins gratuits pour les moins de 16 ans. Mais pas de précision sur la manière de financer ces mesures.

Autre axe de ce pacte : une importante réforme institutionnelle sur laquelle, si elle est élue, Ségolène Royal s'engage à consulter les Français par voie de référendum six mois après l'élection présidentielle. Sur ce chapître, sans jamais parler de 6ème République, c'est bien un changement d'institutions qu'à en tête la candidate avec, notamment, la suppression de l'article 49-3, la réforme du Sénat et l'instauration du mandat unique. Une réforme institutionnelle qui va dans le sens d'un parlementarisme plus affirmé.

Si les réactions à gauche sont plutôt enthousiastes, il n'en demeure pas moins que ce Pacte ressemble plus à un catalogue de promesse qu'à un véritable projet de société. De nombreuses zones d'ombre subsistent, tant sur le détail de certaines mesures que sur le moyen de les financer.

Nul doute que le débat va maintenant pouvoir s'engager.

Ségolène Royal dévoile son projet présidentiel


Royal à Villepinte, Sarkozy à la Mutualité et Chirac chez Drucker. Quel dimanche politique !

A l’issue d’une longue phase d’écoute jalonnée de près de 6000 débats participatifs, Ségolène Royal dévoile donc aujourd’hui les grandes lignes de son projet présidentiel. Un rendez-vous d’autant plus attendu, que depuis le choix de Nicolas Sarkozy par l’UMP, il semblait y avoir un vide du côté des socialistes entraînant jusque dans son camp de nombreuses critiques sur le flou programmatique de la candidate. Exercice difficile, donc, pour Ségolène Royal, au moment où elle est en net recul dans les sondages.

Cette étape peut néanmoins constituer un tournant dans la campagne et remobiliser les forces de gauche autour de la candidate. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant d’assister, dès lundi, à un « effet » dans les sondages.
De son côté, Nicolas Sarkozy a choisi le symbole ô combien gauchisant de la Mutualité pour rencontrer ses comités de soutien et ainsi parfaire le recentrage de son image. Il devrait ainsi s’exprimer dans l’après-midi, peu avant Ségolène Royal.
Enfin, en début de soirée, Jacques Chirac retrouvera les Français dans l’émission de Michel Drucker. Il devrait annoncer à cette occasion sa retraite politique et laisser ainsi le champ libre à Nicola Sarkozy dans sa route vers l’Elysée.

vendredi 9 février 2007

Nous avons besoin des Français de l'étranger

Nous avons besoin des Français de l'étranger pour moderniser la France. A l'heure des choix, leur expérience est précieuse. Ils peuvent alimenter le débat d'un vaste benchmarking international et nous aider à prendre de la hauteur et à sortir des tabous et des querelles franco-françaises.

Nous avons besoin d'eux aussi, parce-que, las des pesanteurs administratives, de la lourdeur de notre fiscalité ou des rigidités du marché du travail, ce sont nos meilleurs talents qui sont partis.

En avril 2006, le Guardian a publié des estimations de l'Office for National Statistics britannique, selon lesquelles 15 000 francais, surtout jeunes et très qualifiés, s'installeraient au Royaume-Uni (à Londres, pour l'essentiel) chaque année. La population francaise au Royaume-Uni serait de 300 000 à 400 000 personnes, largement au-delà de l'estimation de l'Insee (85 000 en 2002).

Si, en estimation basse, on retient un flux "définitif" de 5 000 jeunes francais très qualifiés vers le Royaume-Uni, auxquels il faut ajouter 5 000 autres qui choisissent les Etats-Unis, l'Irlande, le Canada ou une autre destination : on arrive à 10 000. La France produit chaque année 25 000 ingénieurs, 25 000 diplômes d'écoles de commerce, et 8 000 doctorats, soit près de 60 000. La valeur de ces diplômes est cependant très héterogène. Le problèlme c'est que les 10 000 émigrés se situent plutôt dans la moitié supérieure de ces 60 000. Ce phénomène, présenté comme conjoncturel, deviendrait préoccupant s'il devait se stabiliser, car ce serait près d'un tiers de nos "très diplômés" qui quitteraient la France chaque année. Il le serait encore plus si cette émigration était un aller sans retour.

Or c'est précisément, cet "aller sans retour" que propose Dominique Strauss Kahn et les deux autres experts chargés par Ségolène Royal de lui remettre un rapport sur la fiscalité.

L'impôt citoyen est, en effet, absurde et contreproductif. De surcroît, il sera probablement très coûteux à lever.

Les socialistes pensent, en effet, tenir la solution miracle pour lutter contre l'évasion fiscale. Or il font erreur.

Combien de ces Français talentueux expatriés vont accepter de payer cet "impôt citoyen" ? Au Canada, au bout de 3 ans de résidence, on peut prétendre à la citoyenneté. Ce que beaucoup d'immigrants font. Les pays émergeants, comme ceux engagés dans la compétition économique mondiale et qui en ont compris les enjeux n'hésiteront pas non plus à naturaliser des profils à haut-potentiel pour les "fidéliser" ou se les attacher définitivement. Et là, qu'est-ce qui empêchera ces nouveaux citoyens d'abandonner leur nationalité française si celle-ci devient trop coûteuse et trop pesante. Il faudra bien se rendre compte que la notion même de nation n'a plus la même valeur pour la "génération mondialisation" qui nait avec la planète pour horizon.

Cet impôt est absurde car rien ne précise sur quelle base on va l'appliquer. Comment nos "experts" de Bercy vont-ils calculer la "capacité contributive" de nos citoyens expatriés ?

Enfin, il sera coûteux, au point même, peut-être, de coûter davantage qu'il ne rapportera. Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer la batterie de fonctionnaires qui seront nécessaires à sa collecte et la petite armée de contrôleurs fiscaux qui parcoureront la planète, aux frais du contribuable, pour pister les récalcitrants.

S'il ne s'agissait pas, au final, de l'avenir de notre pays, cette proposition pourrait prêter à sourire. Mais si l'on continue comme cela... on va vraiment rendre irréversible le déclin français, alors qu'aujourd'hui encore rien n'est perdu si on sait opérer les bons choix. L'exercice de pédagogie économique réalisé par Laurence Parisot devant 6000 entrepreneurs réunis à Bercy le 25 janvier, nous donne de ce point de vue quelques pistes de réflexion utiles. Il donne a réfléchir et mérite, en tout cas, d'être débattu.

L'appel de Nicolas Sarkozy qui a lancé un « Revenez ! » aux Français qui sont venus l’écouter à Londres, appelle lui aussi à la réflexion et mérite d'être soutenu. C'est en effet le sens du message à adresser à nos compatriotes dont nous avons besoin pour redresser la France. Leur retour, notamment celui des chercheurs dont l’exil a pris des proportions très importantes, serait en effet un signe encourageant qu’un vent de confiance souffle à nouveau sur notre pays.